mardi 12 avril 2011

Une cour royale en Inde : Lucknow (XVIIIème siècle - XIXème siècle)

 Le Colonel Antoine-Louis Polier assistant à un nautch, d’après une peinture de Johann Zoffany, 
Inde, Uttar Pradesh, Lucknow, vers 1786-1788,
©Foto Rainer Wolfberger, courtesy Museum Rietberg, Zürich

 Je ne connais pas grand-chose aux arts asiatiques, mais je tenais absolument à voir cette exposition, dont j'avais entendu le plus grand bien.

Et puis bon, ce n'est pas l'aperçu que m'en donnait le musée Guimet qui allait me permettre de me faire une idée...


J'étais ravie mardi dernier de me rendre au vernissage, ce qui m'a donné l'occasion de retourner au musée Guimet dont j'apprécie les grands espaces et la présentation simple et claire dont se dégage une grande sérénité.


Le musée a décidé de se pencher cette fois sur une ville d'Inde du nord, Lucknow, dont je ne savais rien avant de commencer l'exposition. D'ailleurs, après quelques recherches, j'ai cru voir que les guides de voyages pour l'Inde n'ont pas l'air particulièrement enthousiastes vis-à-vis de cette ville.


Donc, vous l'aurez deviné, c'est une exposition de spécialistes, aux panneaux pas forcément très compréhensible pour quelqu'un qui comme moi ne s'y connait pas bien.
Il est vrai que c'est dommage, mais l'exposition a d'autres avantages.


Si vous n'avez pas l'occasion de voyager, de partir en vacances en ce moment, cette exposition vous offre une porte sur l'extérieur, sur l'Inde mystérieuse aux multiples richesses...


C'est en effet grâce à la scénographie de Giada Ricci que l'on peut se laisser porter le long de la rivière Gomti qui partage la ville en deux. On s'imagine sur un bateau qui slalome (c'est moche mais c'est dans le dictionnaire) entre les ilôts/vitrines peuplés de riches objets, tandis que sur les côtés, les personnages principaux et les palais du bord de l'eau se laissent découvrir...


Au milieu du bleu ambiant, on finit par se laisser envoûter par le charme délicat et exotique des dessins, peintures et enluminures, à la découverte des objets de pouvoir de cette drôle d'élite d'une ville qui en peu de temps surpasse Dehli en puissance et en richesse. Une masse d'armes, notamment, impressionne car tout y inscrit l'instrument de pouvoir.
On se familiarise avec les architectures qui nous rappellent nos palais des milles et une nuits, et l'on continue le voyage au gré des costumes et instruments d'apparats, tous plus dorés les uns que les autres.
Je vous laisse y découvrir notamment un superbe turban rouge et or, ou une coiffe de prince rebrodé de perles et d'émeraudes.


Le long du couloir comme le long du fleuve arpenté par des navires en forme de poisson, le voyage continue.


Puis on arrive chez les collectionneurs.
Ces curieux nawabs blancs qui s'habillaient et se comportaient comme les riches indiens, qui avaient recours aux meilleurs artisans et peintres pour se créer des collections d'exception.
J'ai une grande tendresse envers les collectionneurs, et ceux-là ne dérogent pas à la règle. Ils ont cette manière touchante de faire marquer les objets à leur noms pour bien en indiquer la possession (une paire de superbes pistolets en témoigne), et cette volonté de diffuser, de partager leur monde.
Une des pièces maîtresse de l'exposition est un bouclier offert par l'un d'eux au Prince de Galles, qui vient de la collection privée de la Reine d'Angleterre. Il est étincelant, en laque incrusté de diamants...


Enfin, la dernière étape du voyage se fait sur une robe de courtisane d'une grande richesse, et, surtout, sur des bijoux.
Tout au long de l'exposition, les portraits de femmes sont riches de ces bijoux, et on peut enfin les voir. Et on est pas déçu, ils sont superbes !
Et puis, un petit extrait de film pour achever de se mettre dans l'ambiance...


Dernière étape? Pas tout à fait : pour terminer sur la ville de Lucknow, une autre exposition est cette fois présentée dans la rotonde, tout en haut du musée.
La vue vaut le coup quand on monte, c'est vrai, mais surtout les photographies en noir et blanc sont superbes et très agréablement présentées.
On peut jouer ici à retrouver les architectures que l'on a découvert en bas, ou bien simplement profiter d'un écran coincé dans une malle de voyage, qui fait le lien entre les photos passées et le présent.

Ici, oui, l'envie de s'aventurer dans l'Uttar Pradesh actuel devient bien plus forte...


Ah, et puis comme souvent, des conférences sont organisées par le musée autour de l'exposition. S'il y en a une à ne pas louper, c'est celle de Kénizé Mourad.
Cette journaliste et écrivain me tient à cœur, car j'ai lu ses ouvrages avec un immense plaisir. De la part de la princesse morte, en particulier, est un ouvrage splendide, qui vous emporte à la fois par ses côtés sentimentaux, ses rebondissements incessants et son immense documentation historique.


Alors si vous êtes libres le jeudi 28, n'hésitez pas, ça vaut le coup !

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